Sidi Ali représente de la deuxième ville construite sur le territoire de la Wilaya de Mostaganem en 1873. La première construction fut la maison forestière mitoyenne au cinéma (centre commercial actuellement). La ville est nommée lors de l'occupation française Cassaigne en hommage au colonel Cassaigne. Depuis l'indépendance de l'Algérie, la ville porte le nom du Saint de la ville Sidi-Ali.
Partie intégrante de l’art vestimentaire traditionnel algérien, la gandoura
oranaise, ou «El Abaya El Wahrania», perd peu à peu de son
attrait, après avoir pourtant inspiré tant d’artistes dont les oeuvres
cherchaient avant tout à représenter le cachet purement populaire
de cet habit masculin si particulier de par sa forme et ses multiples teintes.
Mais cet accoutrement traditionnel si cher aux Oranais et bien audelà,
n’a pas pu résister à la déferlante moyen-orientale et asiatique,
qui offre l’embarras du choix entre les gandouras marocaine
ou syrienne, saoudienne ou asiatique, genre pakistanais et hindou
que l’on porte à profusion, notamment à l’occasion des fêtes religieuses.
La gandoura oranaise, qui se distingue par ses couleurs
blanche ou jaune et généralement accompagnée par un turban
«Amama», ne fait désormais plus partie du quotidien, hormis
chez de rares personnes du troisième âge qui la portent encore par
fidélité à un passé prestigieux.Il est vrai que cet effet a tendance à
disparaître des étals des commerces, si ce n’est quelques couturiers
qui continuent de le confectionner à la demande de revendeurs
bien précis et que l’on rencontre surtout dans les marchés
populaires connus tel que le Souk de M’dina J’dida, au centre
d’Oran. Ce n’est plus qu’un objet culturel d’apparat et
d’exposition.Désormais, en un mot, la bonne vieille Abaya n’est
véritablement visible que sur les tableaux de peinture, dans quelques
scènes de films tournés dans les villages et hameaux, ou encore
dans des pièces de théâtre, dans certains musées ou stands
d’exposition de l’art vestimentaire traditionnel.
Certains groupes folkloriques tentent, de leur côté, de préserver
vaille que vaille ce costume traditionnel dans leurs représentations de Fantasia.
C’est que ce vêtement ancestral n’a plus la même symbolique auprès
des familles oranaises. Il n’y a pas si longtemps, El Abaya «revenait
de droit au fils aîné pour qu’il puisse, à son tour, le léguer aux
petits enfants comme un legs inestimable de toute la lignée», se
souvient un commerçant au marché de «M’dina J’dida» qui, ironie
du sort, propose tous les genres de gandouras sauf celle typiquement algérienne.
«Jadis, raconte un ancien couturier reconverti en commerçant, El
Abaya était présente partout, dans les fêtes familiales, dans les
cérémonies funéraires, dans les mosquées pour l’accomplissement
de la prière. C’était une marque de prestige et un signe de sagesse».
Beaucoup déplorent, en définitive, que le changement intervenu
dans le style vestimentaire à la faveur de l’invasion de vêtements
«made in», a fait que les plus jeunes ne s’intéressent plus à la
gandoura ancestrale, qui a inexorablement subi, au fil du temps et
des modes, des transformations dans la coupe, le tissu ou les
coloris.Même si El Abaya disparaît des étals, se félicite cependant
un spécialiste du patrimoine, beaucoup d’Oranais la gardent dans
leurs armoires en souvenir du temps béni où ce véritable patrimoine
régnait en maître absolu, au même titre que l’ancien «haïk» (voile
blanc), le burnous ou le turban «Amama». Comme beaucoup
d’autres, il préconise la réhabilitation de ce costume, encore capable
de rivaliser avec les autres produits artisanaux, croit-il.
On regrettera aussi l’époque où une place de M’dina J’dida, la bien
nommée «Tahtaha», était le lieu de rendez-vous privilégié des commerçants de l’ouest
Algérien, qui venaient y écouler différents types de gandouras,
surtout celles de qualité et relevant, pour ainsi dire, de la haute couture.
Résultat: le peu de commerçants et de couturiers qui exerçaient
dans les environs ont fini par abandonner leurs activités après
avoir longtemps observé, impuissants, l’irrésistible ascension de
l’habit d’importation au détriment du vêtement algérien traditionnel.
APS