Les logements sociaux soumis à un cahier des charges
L’OPGI de la wilaya de Mostaganem semble enfin prendre les mesures nécessaires, pour mettre un terme à la spéculation sur les logements sociaux, que l’on voit généralement passer de mains en mains, après leur attribution à des bénéficiaires soi-disant méritants.
La mafia du foncier qui s’engraissait par le passé sur la rente qu’elle s’était créée, en faisant jouer tous les leviers dont elle disposait parfois au sein de l’administration, va être obligée de se créer d’autres moyens de survivre. Auparavant, ses composantes s’accaparaient un ou plusieurs logements en jouant de prête-noms, avant de les revendre à prix d’or voire les sous-louer, en gardant le loisir de se retourner contre leurs sous-locataires, pour les expulser par voie judiciaire, une fois que l’OPGI aura fini par éventer le subterfuge. Un système qui a longtemps perduré, puisqu’aux yeux de la loi, c’est toujours le sous-locataire qui en payait les frais, mais jamais le titulaire légal du logement social.
L’OPGI de Mostaganem a innové, pas plus tard que mercredi dernier, en procédant au niveau de son siège, à la remise des clés de 194 logements sociaux, des F2 et F3 dotés des dépendances nécessaires. Une soixantaine a été attribuée à Haï Houria, 80 à la cité du 5 Juillet et 54 à Haï Chemoum, tous dans la capitale du Dahra. Cette nouveauté qui sera sans aucun doute généralisée au niveau des différentes communes, consiste à faire prendre connaissance par le bénéficiaire des différentes clauses du cahier des charges, parmi elles des clauses contraignantes, censées dissuader l’attributaire de «vendre» son désistement ou de sous-louer l’appartement qui lui a été attribué. De même, il est désormais strictement interdit aux dits bénéficiaires, de procéder à des modifications, qu’elles soient internes ou en façade. Chaque nouveau bénéficiaire sera également inscrit au niveau des services des impôts, pour débusquer les éventuels tricheurs à l’occasion d’une nouvelle distribution.
Enfin, cette nouvelle approche semble bien accueillie par les gens en mal de logement, dans la mesure où elle est censée éviter que des tiers y trouvent leurs comptes, en spéculant sur la misère des gens. Quant à juger de son efficacité, seul l’avenir pourra en juger, compte tenu des mille et un tours que la mafia du foncier détient encore dans son sac.
Lakhdar Hagani