En revanche, les fossés en terre-plein absorbent une partie des eaux pluviales, qui ira enrichir les nappes phréatiques, tandis que le reste s’écoulera sans faire trop de dégâts. Le problème vient plutôt de l’absence de banquettes en amont ou de leur réhabilitation si elles existent, de la prolifération des terrains nus, des labours effectués dans le mauvais sens, autrement dit, celui qui va dans la même direction que la pente et peut contribuer à l’érosion des sols. Au lieu d’éviter ces dégradations, le fossé bétonné y contribue au contraire, sans parler de la perte de temps pour le faire et d’argent pour le payer chèrement. En fait, rien ne vaut l’aménagement et la protection des sols, par le biais des banquettes, des labours dans le sens perpendiculaire à la pente, la plantation d’arboriculture rustique (oliviers, amandiers et autres figuiers).
Des arbres que nos ancêtres ont appris à utiliser pour éviter la dégradation des surfaces agraires en pente.
Un octogénaire ayant passé plus que la moitié de sa vie au service des ponts et chaussées et à l’entretien des routes, estime que le bétonnage des fossés routiers n’est guère approprié à la situation: «J’ai sillonné les plus grandes villes d’Europe et je n’ai vu nulle part de fossés bétonnés. Pendant tout le temps où j’ai exercé mes fonctions, nous n’avons jamais bétonné les fossés. Nous procédions seulement au nettoyage de ces fossés, mais nous ne touchions pas au couvert végétal du talus en surplomb. Ce couvert végétal ne devait pas être enlevé, car il présente l’intérêt de retenir non seulement le sol mais aussi de faciliter l’absorption de l’eau à travers les racines. De plus, en période de floraison, les abeilles y trouvaient matière à butiner. D’où l’importance de faire coexister les talus verdoyants avec les fossés en terre-plein bien entretenus», a-t-il souligné. En dernier lieu, les fossés bétonnés constituent un danger mortel pour les automobilistes en cas de dérapage se terminant par une sortie de route. En revanche, les mêmes dégâts physiques et matériels pourraient être épargnés aux accidentés grâce aux fossés en terre-plein surplombés de couvert végétal.
S. Ben