Celle-ci est justement destinée à briser la chaîne de transmission de cette maladie à l’intérieur de la ville de Sidi Bel-Abbès qui a enregistré en 2008, avec 215 cas, le plus fort taux de personnes qui en sont atteintes à travers la wilaya.
Selon Bounia Abdelkader, administrateur médical auprès du BHC, «il a été constaté que la contamination des personnes saines se fait souvent à l’intérieur des lieux publics, à savoir les cafés, les salons de thé, les restaurants et bien d’autres établissements commerciaux où il y a consommation de boissons chaudes». Au niveau du BHC, on reste persuadé que «c’est là qu’il faut axer la surveillance de toute contamination par le bacille de Koch».
«On a commencé alors, poursuit notre interlocuteur, par prendre les premières mesures au niveau de certains cafés de la ville qui ont fini par se convaincre de la nécessité de fournir, aux consommateurs de boissons chaudes, du sucre en sachet avant que d’autres cafés adoptent à leur tour la formule».
«Dans une première phase de la campagne, dit-il, il s’agira pour nous de sensibiliser le plus grand nombre de gérants avant d’interdire systématiquement l’usage du sucrier dans ces commerces… C’est un vrai problème de santé publique qui est posé aujourd’hui avec la chaîne de transmission de la tuberculose.»
M. Bounia explique: «Un exemple: une personne malade qui est attablée dans un café et se fait servir, comment procède-t-elle pour sucrer sa tasse de café. Un geste des plus classique pour tout consommateur en ce sens qu’il va d’abord prélever avec sa cuillère une certaine quantité de sucre, remuer ensuite et, enfin, goutter le breuvage. Si le mélange n’est pas à son goût, il remet une nouvelle fois la cuillère dans le sucrier qui est maintenant contaminé. Sans le savoir, à moins d’un miracle bien sûr, les consommateurs qui vont s’attabler par la suite à sa place auront, sans le savoir, leur dose de sucre et de bacille tuberculeux. Tout bêtement.»
C’est ce pourquoi le BHC s’est fixé pour objectif immédiat d’éradiquer le sucre en vrac et le remplacer graduellement par le sucre conditionné en sachet individuel… «De cette façon, on pourra tout au moins contribuer localement à briser la spirale de la contagion d’un grand nombre de maladies, en premier lieu la plus dangereuse de toutes: la tuberculose», conclut-il.
A. Abbad