Sidi Ali représente de la deuxième ville construite sur le territoire de la Wilaya de Mostaganem en 1873. La première construction fut la maison forestière mitoyenne au cinéma (centre commercial actuellement). La ville est nommée lors de l'occupation française Cassaigne en hommage au colonel Cassaigne. Depuis l'indépendance de l'Algérie, la ville porte le nom du Saint de la ville Sidi-Ali.
‘’Toutes les rues et ruelles étaient investies, et l’encombrement par les piétons et les véhicules était à son comble ! Les congratulations et les félicitations réciproques fusaient de partout ! C’est à croire que nous étions lors d’une ultime nuit de Ramadhan, la veille d’une matinée de l’Aïd ! Moi-même, j’ai quitté le ‘’manège’’ vers les deux heures sonnantes, et le tintamarre a continué jusqu’aux premières heures de la matinée !’’, relate Noreddine, un employé de la wilaya. Nombre de mostaganémois soutiennent y avoir ‘’revécu’’ un autre 5 juillet 1962. En effet, l’ambiance ‘’électrisée’’ entamée au moins deux jours avant l’empoignade ayant opposé l’équipe nationale de football à son rivale égyptienne, s’est littéralement ‘’explosée’’ en liesse, voire en hystérie populaire, bien avant que l’arbitre de la rencontre ne siffle la fin du match. Plus d’une heure avant le coup d’envoi, toute activité commerciale ou professionnelle était pratiquement abandonnée, à travers villes, petites agglomérations et douars de la wilaya. Les usagers des véhicules de transports en commun, retardataires, ont éprouvé de grandes peines pour rallier leur domicile. L’aubaine a dû profiter pleinement aux opérateurs clandestins. Partout, en ville et en rase campagne, le ‘’spectacle’’ était le même : en fanfares désordonnées, d’interminables cortèges de véhicules tonitruants tournant en rond, foule de gens de tous âges, dansant, chantant, et s’égosillant en brandissant l’emblème national, youyous, brouhahas ... Aussitôt la fin du match sifflée, une déferlante d’étudiants des cités résidentielles de Kharrouba s’est ébranlée, à pied, en direction du centre-ville, grossissant, ainsi, les rangs de ces ‘’manifestants’’ nocturnes d’un genre particulier.
A l’instar du centre culturel de Sidi Lakhdar, plusieurs établissements rattachés à l’office des établissements de jeunes (ODEJ), ont contribué à ‘’l’évènement’’ en proposant la retransmission du match sur des écrans géants. La commune de Mostaganem a même mis en place un écran ‘’High Tech’’ sur l’esplanade municipale, au centre ville. A cité ‘’Algérie’’, les jeunes du quartier ont préféré suivre les péripéties de la rencontre haletante, en groupe et à l’air libre. Aussi y a-t-on recouru au datashow. Entre amis, collègues, cousins ou voisins, la plupart des téléspectateurs ont partagé anxiété, peur et haleine, puis, sourire, joie, et finalement comble de l’enthousiasme et de l’euphorie. En certaines cités, à défaut d’écrans géants, des dizaines de jeunes se sont regroupés autour de simples postes de télévision, sortis dans la rue. Le lendemain, sur les lieux du travail, dans les cafés, au souk, dans les hammam, et même dans le ‘’milieu’’ de la gente féminine, habituellement indifférent au sport et au football, la victoire de l’Algérie était sur toutes les langues. Les ‘’footeux connaisseurs’’ se permettent déjà le rêve d’une place dans l’ultime arène du football mondial.
M. Belarbi