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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 20:11
Voici le récit détaillé du commandant Rinn sur la sombre « affaire des GROTTES DU DAHRA –du 19 au 20juin 1845 » publié dans le Bulletin de la société de géographie d’Alger , année 1903. « Les textes originaux relatifs à l’épisode du Ghar el frachich sont au nombre de cinq 1. le rapport officiel du colonel Pélissier , chef de la colonne expéditionnaire , au maréchal Bugeaud, gouverneur de l’Algérie.ce document se trouve aux Archives de la guerre – daté du 22 juin 1845 , le rapport fut rédigé sur le lieu même de l’événement . 2. une lettre de Pélissier au colonel de Saint Arnaud .Une copie existe dans les Cartons politiques, aux archives du gouvernement général. 3. une lettre d’un officier espagnol attaché à l’Etat-major de la colonne.Elle fut adressée au Héraldo, reproduite dans l’ouvrage de P.Christian , l’Afrique française. 4. une lettre d’un soldat français de la colonne expéditionnaire également publiée dans l’Afrique française de P.Christian (1845 p.430) 5. un document original dans la collection Vaudouard que le général Pélissier écrivit en guise de biographie . Nous arrivons aux faits : Razzias et dévastations dans le Dahra Le colonel Pélissier, ayant quitté Orléansville (Chlef) avec la plus grande partie des troupes qui opéraient primitivement sous Bugeaud , pénètre dans le D ahra en remontant L’oued Taghia , razzie les Beni Zentis et dévaste le territoire des Ouled Riah qui sont restés en armes.Le 17 juin ; une fraction de la tribu entre en négociation ; les pourparlers n’aboutissent pas : les négociateurs se retirent pour convoquer une djemaa des rebelles , et dans la nuit du 17 au 18 juin a lieu une attaque du camp français : cette attaque set repoussée .Le 18 juin , au matin Pélissier sachant dans quelle direction ( ???) va s’effectuer la retraite de l’ennemi , marche vers ce but avec deux bataillons d’infanterie , sa cavalerie , le makhzen et un canon.Il voit les insurgés se réfugier dans les célèbres grottes de Ghar el frachich.Un millier de personnes environ –hommes , femmes,enfants- se sont ainsi retranchées avec du bétail et des bagages dans l’asile qu’elles croient inexpugnable. Les Ouled Riah assiégés Le colonel Pélissier s’établit aussitôt sur le massif meme des grottes , fait reconnaître leurs issues et dispose un système d’embuscade qui les commandent : puis il fait sommer les assiégés de se rendre.Ceux répondent par des coups de fusils. Quelques cavaliers du makhzen essaient de renouveler les sommations et s’approchent en parlementaires : l’un d’eux est tué d’une balle au cœur. Il faut les enfumer comme des rats Dans le but de rendre aux insurgés la position intenable , le colonel fait alors confectionner des fagots que l’on entasse devant l’entrée supérieures du repaire que l’on enflamme. le feu est entretenu toute la journée , mais les assiégés ne sortent point .Le soir tombé , on cesse d’alimenter le foyer .Le magnifique clair de lune (sic) qui illumine la campagne garantit que nul ne sortira sans etre vu des sentinelles.la nuit se passedans le calme. Au point du jour les travaux des assiégeant recommencent .Les corvées nombreuses rassemblent du bois et de la paille et confectionnent des fascines. Au matin, le Khalifa Sidi El Aribi , averti par le Caid des Zerrifa , fait connaître les dispositions des assiégés .les travaux sont suspendus.Des chaouchs sont envoyés aux rebelles qui se consultent. Les pourparlers , commencés dès sept heures , se poursuivent jusque vers dix heures : les indigènes hantés par la terreur qu’inspire la prison de Mostaganem ,la tour des Cigognes. Après bien des hésitations ,sur la promesses qu’ils ne seront point emmenés en captivité , ils se décident enfin à mettre bas les armes.ils commencet à sortir en colonnes lorsque l’un d’eux s’écrie que le camp français se retire. la condition est inadmissible : Pélissier le leur signifie immédiatemment.Tous rentrent alors dans les grottes.Le quart d’heure s’écoule , seuls deux frères qui s’étaient employés comme négociateurs se séparent de la foule obstinée.Quelques instants plus tard ;les assiégés manifestent leur hostilité (sic)en blessant un chassetr d’Orléans qui avait commis l’imprudence de se découvrir .Aussitot les travaux préparatoires de l’emfumage sont repris et poussés activement jusqu’à midi.A une heure les buchers sont prets . Pas de quartier pour les « rebelles » A trois heures de l’après midi , les buchers sont allumés sur tous les points : le feu ensuite est assidument entretenu.Un instant est employé contre le porche de l’entrée principale .une interruption de l’incendie est ordonnée : les assiégés vocifèrent ; et sur l’ordre du colonel l’opération est continuée sans répit.Bientot , sous l’effet de l’intense chaleur dégagée aux extrémitésde la caverne , un tirage de fumée s’est établi entre les diverses issues ; la paille enflammée s’y engouffre , la force du feu est telle que les flammes atteignent le sommet des roches environnantes . Toute la nuit , sous les yeux de leur chef , qui ne songe à prendre du repos que vers minuit (sic) ,les soldats nourrissent les fournaises. Le carnage Enfin ; une heure avant le jour ,des explosions s’étant fait entendre à l’intérieur des grottes, a lieu l’épilogue du drame .Il faut en lire le récit dans la relation de 1857 , où Pélissier , après douze ans , a pu rendre en peu de mots la forte impression qui se grave dans son esprit et ou s’exprime toute sa rude énergie de vieux soldat « Le matin, un parti pensant à sortir, un autre , par compression,retenait ceux « que guidait une pensée de soumission. L’anarchie était à sa dernière limite : « c’était facile à admettre. Sans hésiter, on fit descendre un assez grand « détachement pour tendre la main à ceux dont les intentions étaient bonnes. « c’est alors que s’offrit les hideux spectacle de gens s’affaissant les uns sur les « autres . Une ambulance volante fut établie sans retard dans le ravin .des « hommes furent en masse chercher de l’eau. bref on parvint à en sauver une « soixantaine ; mais le milieu était si nauséabond , si délétère que de l’avis des « médecins l’opération de sauvetage fut suspendue. La peau d’un de mes « tambours a plus de prix à leurs yeux comme aux miens que la peau de « tous ces misérables » Plus de 500 insurgés , dit le rapport officiel , avaient succombés. L’officier espagnol dont nous avons signalé la lettre , parle de 800 ou 1000 victimes .ce dernier chiffre parait près de la vérité .Il est confirmé par le chiffre précis fourni par la lettre d’un soldit du corps expéditionnaire : ce dernioer nous apprend que 760 cadavres furent furent comptés dans la journée du 20 juin – et il semble bien n’ait pas vidé complètement les grottes- « Rien ne pourrait donner une idée , dit l’officier espagnol , de l’horrible spectacle que présentait la caverne. Tous les cadavres étaient nus , dans des positions qui indiquaient les convulsions qu’ils avaient dû éprouver avant d’expirer…le sang leur sortait par la bouche. » Tels sont les faits ,tels qu’on peut les établir avec certitude en prenant pour texte fondamental celui du rapport officiel du 22 juin 1845 et en contrôlant ce document par les autres récits en notre possession . La Colère d’un seul député peut elle sauver l’honneur souillé ? L’exécution des Ouled Riah –que l’on tienne ou non pour légitime et nécessaire- dépassait en horreur les limites coutumières et tolérées par la sensibilité des lecteurs des quotidiens. Quand la nouvelle en fut connue, elle provoqua une immense émotion…Malgré la discrétion du commandement, l’Algérie tout entière connut bientôt le drame des Frachich. L’Akhbar , journal ministériel et gouvernemental ne crut pas devoir cacher à sa clientèle un fait qu’elle n’ignorait déjà plus : il inséra un article où il exposa sous le jour le plus favorable le chef de la colonne. Dès lors , la nouvelle était dans le domaine public et le 11 juillet 1845 eut lieu , à la chambre des pairs , la fameuse interpellation de Prince de la Moskova (le Maréchal Ney aide de camp de Napoléon).Nous la reproduisons en partie , d’après Le Moniteur Universel « Monsieur le Prince de la Moskova – messieurs, un journal qui se publie en Algérie, contient un fait inouï, sans exemple et heureusement sans précédent dans notre histoire militaire.Un colonel français se serait rendu coupable d’un acte de cruauté, inexplicable, inqualifiable à l’égard de malheureux arabes prisonniers.Je viens demander au gouvernement de s’expliquer sur de fait .Je le réclame, et comme officier de l’armée et comme pair de France. Je exprime les sentiments des officiers de l’armée.Il est de l’honneur de l’armée comme il est de la dignité du gouvernement, que de pareils faits soient démentis ou désavoués hautement par M. le Ministre de la guerre .Remarquez, messieurs , qu’il n’est pas question ici de razzias , mais d’un acte déplorable., d’un meurtre consommé avec préméditation sur un ennemi vaincu , sur un ennemi sans défense. »
Par Ali

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Published by sidi-ali - dans sidi-ali
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commentaires

ALI 23/03/2010 11:25


cher frère omar je te remercie pour la publication de l'article.cependant j'aurais aimé que la mise en page soit pareille à celle de l'original afin de faciliter la tache au lecteur.je vais
t'envoyer une seconde fois le texte avec la mise en page incessamment

ton frère ali de sidi ali