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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 20:53

« Je n'ai jamais voulu me couper de la population »

Stanislas Swietek, instituteur, a enseigné en Algérie avant et après l'indépendance.

Par Bernard Courtès

Stanislas Swietek participe aux journées Histoire France/Afrique du Nord.

Stanislas Swietek participe aux journées Histoire France/Afrique du Nord. (photo bernard courtès)

Stan Swietek est revenu en Algérie, en 2008, dans la partie ouest de L'Ouarsenis, au Melaab, « un plateau formant une cuvette, situé à 1 000 mètres d'altitude et constituant un important carrefour de communication ». C'est dans cette région qu'il était arrivé en mai 1959 pour y effectuer son service militaire. Affecté à la cellule Action psychologique de son régiment, il est alors au contact de la population qu'il apprend à connaître et à aimer. Libéré de ses obligations militaires en février 1960, il demande à revenir au Melaab, « malgré les réticences de ma famille », pour y enseigner. « L'accueil qui me fut réservé me conforta dans ma démarche », au point de s'y installer avec la jeune femme qu'il vient d'épouser, elle aussi militaire.

L'année scolaire suivante, en 1961-1962, il est affecté dans la plaine à Mazouna. Les événements se précipitant, le couple rejoint Mostaganen et le 4 juillet 1962, assiste au défilé de l'Indépendance. Après les vacances scolaires, les Swietek font le choix de revenir : « Nous ne voulions pas nous couper de la population. »

À la rentrée, la direction du collège et des écoles primaires de Sidi Ali (ex-Cassaigne) est confiée à Stanislas. Si les rapports n'ont pas toujours été faciles avec les nouveaux dirigeants de l'Algérie, les liens tissés durant toutes ces années et le travail effectué auprès des populations lui ont permis d'être reconnu et de pouvoir continuer sa mission.

« Ils n'avaient rien oublié »

Le collège comptait un peu plus de 100 élèves en 1963. Cinq ans plus tard, l'effectif avoisine les 1 500 élèves et le collège est doté d'un internat et d'une cantine.

C'est finalement pour des raisons de santé que les Swietek quittent l'Algérie en juin 1968, pour rejoindre définitivement leur région d'origine, le Sud-Ouest.

Lui est revenu de l'autre côté de la Méditerranée quarante ans plus tard : « Les anciens élèves devenus instituteurs ou chef d'établissement n'avaient rien oublié quarante ans après, dans ce pays où mon épouse et moi avions vécu des relations humaines très riches, des montagnes de L'Ouarsenis au Dhara en passant par la petite cité berbère de Mazouna. »

Aujourd'hui, la région a bien changé, « le pays a évolué ». La cité de 8 000 habitants qu'il a connue compte aujourd'hui 36 000 habitants, deux lycées et quatre collèges.

Stanislas Swietek témoignera lors d'une conférence intitulée « J'étais en Algérie de 1959 à 1968 »,

A.H

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Published by sidi-ali - dans sidi-ali
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commentaires

MERMIT Fethi 10/03/2016 19:54

Monsieur SWIETAK Vous vous rappelez a qui vous aviez vendu votre petite cuisinière,et vous vous êtes déplacé pour un reglage du four ,c'était en 1966 ma première Année de sixième,je suis votre élève au coeur fragile ,cela vous dis quelques chose ,salut l'homme au collier que vous étiez"BOULAHIA cela aussi devra vous dire quelques chose ,que de souvenir,je n'ai pas pu vous rencontrer...en 1968 je vous ai servi de retour du Maroc avec vos béquilles le méchoui ça vous dis quelques chose ,que de souvenir encore ,tout cela est émouvant et c'est bien loin aussi ,tous cela bien sur...

MERMIT Fethi 10/03/2016 19:47

1er MAIRE a Sidi-Ali durant le cessez le feu 1962 fut Monsieur BENEMENI Mohamed Interpréte judiciaire ayant travaillé avec feu mon père , il fut ensuite muté a Oran comme juge et fini sa carrier en tant que président de la cour d'Oran ,décédé en Mars 1996...et de la fut élu Feu BOUZIDI Miloud .....

BENGOUA 21/10/2014 14:47

JE SUIS TON ELEVE MA RENTREE SCOLAIRE EST 1962
QUE DIEU VOUS BENISSE

Stan Swietek 10/02/2015 10:01

Merci de ne pas m'avoir oublié, après toutes ces années ! Moi aussi, je me souviens de toi, de la plupart des élèves de la rentrée 1962, je me souviens encore de ton visage... Que Dieu te garde et te bénisse !

ali 29/03/2014 20:35

Bonjour Monsieur
je suis l'un des élèves qui ont longtemps admiré votre noble visage auquel votre barbe conférait un air aussi austère que paternel.
Arrivé au cap du doctorat en science du langage , je tiens à vous faire part de toute ma gratitude et à saluer le courage , l'abnégation qui ont été les vôtres à une époque où personne ne croyait en notre jeune nation.Votre amour pour l'Algérie et ses enfants a pris le dessus sur le doute qui a saisi beaucoup de vos compatriotes et vous a décidé à apporter votre pierre à l'édifice de l'Algérie d'aujourd'hui.Dieu Sait l'estime dont vous jouissez aujourd'hui même en Algérie et je formule le vœu , plutôt le serment de perpétuer l'impérissable souvenir de votre séjour chez nous auprès des générations futures cher maitre..Dieu vous bénisse et vous accorde une place en son vaste Paradis.

Stan Swietek 10/02/2015 10:01

Nous sommes en février 2015. Avec du retard, je viens de trouver ce message de Ali, il me va droit au cœur. Je suis toujours resté, et je reste, fidèle à l'Algérie. Je pense souvent à tous ceux que j'ai côtoyés, les enfants de l'Ouarsenis, ceux de Mazouna et leurs parents, ceux de Sidi Ali et tous les adultes, les enseignants qui m'ont aidé dans ma tâche...Ensemble, durant ces premières années de l'indépendance, nous avons commencé à placer les premières pierres à l'édifice de la jeune Algérie...Je me sens fier, cher Ali, de te savoir à ce niveau de connaissances...Je te souhaite pleine réussite de tous tes projets... Que Dieu te garde et te bénisse! .