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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 18:12
Misère morale et pénurie d’intégrité

Le journal en ligne TSA rapportait, il y a quelques jours, une déclaration de Tayeb Belaïz, selon laquelle Bouteflika “peine à trouver six personnes intègres pour diriger l’organe de lutte contre la corruption prévu par la convention des Nations unies, ratifiée par l’Algérie”.
La loi relative à la prévention et la lutte contre la corruption, inspirée par la Convention internationale, a été promulguée en février 2006. Mais quatre ans plus tard, le gouvernement ne l’a toujours pas mise en œuvre.
En toute logique, le projet d’un observatoire de la corruption “avec pouvoir répressif” que Ouyahia a annoncé met fin à un projet mort-né depuis quatre ans.
Le ministre de la Justice, qui nous fait la révélation sur la difficulté rencontrée par le président de la République dans sa quête d’hommes probes, ne nous dit pas quand ni où le Président a cherché ces “messieurs propres”.
Pas moyen donc de détecter six incorruptibles parmi des millions en quatre ans ? C’est vrai que les représentants de la race des justes se font rares dans le paysage public, mais ce n’est pas une raison pour que la “minorité visible” d’intrigants et d’aigrefins dissimule à notre vue l’immense majorité des citoyens honnêtes. Si, donc, on ne désespère pas du potentiel national d’intégrité, c’est du côté de la méthode et des instruments de prospection qu’il faut chercher le défaut.
Après tout, pourquoi ne faut-il que six personnes intègres, alors que toutes les institutions publiques méritent d’être pourvues de personnels loyaux envers la Fonction publique ? Osons donc espérer que l’exigence de scrupules concerne l’ensemble des fonctions pourvues par la procédure de nomination ! Car, si l’on prend la déclaration de Belaïz à la lettre, on n’aura pas été, jusqu’ici, exigeant sur la qualité morale des nominés, de sorte que l’intégrité, pour une fois posée comme critère premier de choix, devienne une entrave à la dotation en ressources humaines d’une institution.
C’est vrai que la banalisation des traficotages et de la concussion peut, au point où elle est, désenchanter le plus optimiste des chasseurs de consciences. Mais qu’a-t-on fait pour éloigner les candidatures véreuses et attirer les plus probes ?
Si vraiment la mise en activité de l’organe prévu par la loi du 20 février 2006 a été empêchée par la pénurie d’hommes “intègres”, le fait doit d’abord interpeller le pouvoir qui édicte les critères d’accès aux fonctions officielles et conduit leur application. Or, en l’état actuel de la morale de gestion, il serait inconvenant de prétendre que la prolifération de la corruption profite de la seule absence ou de la carence d’organes de contrôle, d’observation ou de répression. C’est une activité constitutive du système politico-économique national. Loin de dépendre de la qualité éthique du personnel de gestion, c’est elle qui trace le profil de candidat type aux fonctions de gestion. De ce point de vue, il n’est pas étonnant que la prospection d’individualités irréprochables devienne délicate. On sait que beaucoup de cadres approchés pour telle ou telle responsabilité déclinent parfois l’offre, pourtant a priori valorisante, parce que “le contexte” ne les encourage pas à l’aventure.
Pour qu’un Eliot Ness se révèle, il fallut la résolution rédemptrice d’un président Hoover.

M. H.
musthammouche@yahoo.fr

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Published by sidi-ali - dans sidi-ali
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commentaires

abdellah 26/03/2010 09:54


salamou3alaykoum.
il n y a pas que la qualité d'être incorruptible mais il faut qu'il y ai la qualification qui va avec c'est pour ça qu'on ne peux trouver ailleurs du rivage politique.
a part ça quelque chose de plus grave qui a fait que l'épidémie se propage comme un feu d'eté c'est qu'elle est devenue une issue logique pour la plupart des gens on disons ("ki ghadi eddir" ,si tu
ne fait pas comme ça tu ne va pas
vivre...elle est comme ça ) elle a toucher les esprits des gens comme étant une barrière qu'il faut franchir par tous les moyens....en plus puisque même les endroits religieux sont infectées
,religieux je dis , wellah je ne peux continuer .


lakhdar 25/03/2010 13:15


Rien ne m'étonne, il faut voir à l'arrivée au port ou à l'aéroport pour avoir une idée du pays. Sans parler des administrations.
Pauvre Algérie avec des cadres pareils.
Il faut tenir bon Cher Président Boutéflika et longue vie.


amine 25/03/2010 09:18


Malheureux d'arriver la, je pense à un canular. il y a encore des gens respectables.
amine


thanina 25/03/2010 08:36


Bjr c grave , on savait que la corruption gangrene tt les secteurs mais je ne peux comprendre que l'on ne puisse pas trouver six personnes integres...faut-il chercher , peut-être loin des rivages
du pouvoir , bonne journée a bientot .