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21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 00:11

Sidi ali cassaigne mon beau village.

Un peu d'histoire sur Sidi-Ali (ex: Cassaigne).
Toutes les contributions sont bonnesMerci d'avance et bonne lecture.                       La photo c'est le rocher Sidi Ahmed Ezerouki.

Cassaigne vue par Père Roger Duvollet :
1889. "Sidi Ali, auquel on a donné le nom de Cassaigne, ce jeune officier mort en Crimée où il avait accompagné le Général Pélissier, dont il était l'aide de camp préféré... est capitale du Dahra... ajoutons occidental pour ne pas froisser Renault qui peut revendiquer pareil honneur pour la partie orientale.

Créé en même temps que Ouillis et Bosquet en 1873, Cassaigne est le siège de la Commune mixte de ce nom, ainsi que d'une Justice de paix et de tous les services publics et fonctionnaires : domaines, contributions diverses, re-partiteur, médecin de colonisation, etc...

Ce centre qui compte 15 ans d' existence possède une population de 521 habitants dont 363 français. Le territoire de colonisation, qui. n'est pas très étendu, 1283 hectares seulement, a servi à constituer 50 concessions agricoles, dont 24 ont été attribuées à des Alsaciens-Lorrains qui ont reçu comme ceux de Bosquet : maison, cheptel, instruments aratoires, semences et vivres.

Le village s'est développé si rapidement que, dès les premières années, il a fallu, pour répondre aux besoins d'extension qui s'étaient manifestés, songer à augmenter le nombre de lots à bâtir. 18 nouveaux furent formés, qui ne tardèrent pas à être tous demandés et occupés. Le village est admirablement situé sur un plateau légèrement incliné d'où l'on aperçoit à la fois le Chélif et la mer. Il est placé sur les 2 côtés de la route du Dahra, mais en plus grande partie au N., un peu au-dessus des sources de Sidi Ali qui, dans les débuts avaient été seules captées pour son alimentation.

Quelques années plus tard, en raison même de son prompt développement, on se vit dans l'obligation de lui procurer de nouvelles ressources en eau. Heureusement que, pas bien loin de là, à 3 km à peine, se trouvait une autre source, celle de Sidi Afif qu'il a été facile de capter et d'amener au village, avec cet avantage que celle-ci a pu être conduite dans l'intérieur même du centre.

Enfin, on a aménagé également une petite source donnant 2 à 3 litres à la minute, l'Ain Taousna, qui alimente aujourd'hui un abreuvoir placé sur la route du Dahra, du côté de Renault. Cette source formait deux petites mares fétides que les troupeaux indigènes remplissaient de leurs déjections. Quoique à 2 ou 3 km du village, elle était pour lui une eau d'insalubrité permanente. En l'aménageant, on a fait disparaître ce cloaque, et on a exécuté un travail profitable à la fois aux colons et aux indigènes.

Cassaigne peut être considéré comme un point stratégique important à occuper. Situé à 50 km de Mostaganem, il suffisait d'une marche en deux étapes pour qu'une colonne arrivât sur ce point et séparât ainsi le territoire du Djébala du groupe des autres tribus. Une marche permettait ensuite d' aller occuper Nekmaria, point de partage obligé pour toutes les opérations de guerre du Dahra. En attendant les secours, si quelque danger venait à éclater, la population trouverait un refuge dans le réduit où sont réunis l'école, l'église, le presbytère et la gendarmerie.

En face, au bout d'une longue avenue, bordée de chaque côté par les nouveaux lots à bâtir, se dresse le coquet bâtiment qui sert de logement et de bureau à l'Administrateur de la Commune Mixte. Au dessous se trouvent le Jardin Public et la Pépinière par le 1er Administrateur de ce Centre devenu depuis Sous-Préfet, malgré les critiques que, sous la forme d'articles humoristiques publiés jadis dans les colonnes de l'Echo, un colon facétieux s'acharnait à épingler sur l'échine de Tata Ben Guigi, et peut-être à cause de cela comme dédommagement des tracasseries injustes auxquelles il avait été en butte .

Cassaigne ne s'est pas développé seulement comme population là, comme à Bosquet, les colons ont travaillé et bûché, et les résultats leur font grandement honneur, comme si, aux abords du village, à l'E, et au S. on remarque des terres de 1ère qualité, par contre, au N., une partie du territoire est sillonné de ravins et composé de terrains argilo-calcaires assez difficiles à exploiter.

L'importance de Cassaigne va s'accroître encore par la création de deux nouveaux centres placés sur le chemin qui mène du village à la mer. L'un, Aïn el Hammam, portera le nom de Lapasset, bien connu des anciens habitants de Mostaganem, ce vaillant Général qui, à Metz, a mieux aimé brûler les drapeaux que de les livrer à l'ennemi. L'autre, Portciolli, nom sous lequel il est actuellement connu (nous ignorons par qui ce lieu a été baptisé), prendra celui de Petit-Port, appellation qui indique sa destination future: ce sera un village de pêcheurs et de caboteurs. Quant aux premiers, les colons qu'on y placera auront certainement pas à se plaindre outre la bonté du sol et du climat ils auront, sur leurs devancier l'avantage d'arriver dans une contrée où la colonisation a fait victorieusement ses preuves."

Le Guide Bleu 1955 signale Petit-Port comme une station balnéaire et un abri sûr. Il dit que Lapasset a été créé en 1890 et cède un terrain d' atterrissage, un marché le vendredi. Il signale enfin la présence d'un autre Centre, Picard, hameau industriel, aux abords de la forêt des Zérifa (thuyas, genévriers et arbousiers) sur 12 km. Le plateau, monotone ensuite, est couvert de vignes et coupé de vallées .En 1955, Cassaigne a 47.300 habitants

Mr Salcédo précise que Cassaigne était une Commune qui comprenait Lapasset et Picard au N, au S.0 Bosquet devenu très vite commune de plein exercice, et Ouillis demeuré attaché à Cassaigne jusqu'à l'indépendance. Ces communes avaient à leur tête un adjoint-spécial qui gérait avec ses conseillers leur commune. "Quand il y avait une réunion du Conseil à la Commune-Mixte, tous ses élus étaient présents, ainsi que plusieurs Caids et Présidents de Djemaa, 10 Musulmans au total donc avec l'Administrateur Principal et l'Administrateur Adjoint, ils étaient presque à tous les coups majoritaires."

La Commune-Mixte était située au bas du village, dans une des rues principales qui était bordée de beaux arbres bien taillés au carré, des ficus toujours verts, été comme hiver.

Vers 1927-28, l'Administrateur était Mr Wrolik. Le 1er administrateur serait Mr Castanet, devenu Sous-Préfet de Tiaret. De 1946 à 1954, Mr Mousot qui a fait faire le Mt aux Morts et la Salle des Fêtes. Son adjoint, Mr Choiral fut ensuite nommé Sous-Préfet dans la région de Sidi Bel-Abbès. Mr Olme a doté la Commune d'un stade de foot-ball. Mr Lucchini fit faire la Place avec ses palmiers, ses bancs de pierre de taille, son centre carrelé, "l'une des plus belles places d'Oranie ". Le 1er Sous-Préfet, et le dernier, jusqu'en 1962, fut Mr Chavanne. Il avait été nommé par le Gouverneur d'Algérie, Jacques Soustelle, en 1956.
Il ne serait pas correct, écrit Mr Salcédo, de ne pas citer un nom qui a fait beaucoup sous le règne des Administrateurs et Sous-Priéfet qui se sont succédés depuis 1933: Mr Louis Delas. Ce Métropolitain, natif des Pyrénées, venu à Cassaigne comme secrétaire-adjoint de Commune-Mixte, et ensuite attaché de Préfecture jusqu'en 1963, marié à une Pied-Noire, ne voulut pas quitter Cassaigne alors qu'on lui offrait à plusieurs reprises des postes en avancement, il était devez plus Pied-Noir que nous! Il a même aidé le 1er Sous-Préfet musulman après 62. Ce dernier aurait bien voulu le conserver, car, venu de la rébellion, il ne connaissait rien dans les services de l'Administration; mais Mr Delas ne l'entendit pas de cette oreille et s'envola vers la Métropole, comme nous tous, hélas."

Le Bordj a été construit après la conquête de l'Algérie, les gens qui habitaient à l'extérieur venaient s'y réfugier en cas d'attaque des tribus rebelles. Il était fermé par un grand portail et entouré de murs assez hauts avec des meurtrières. Sur la Place, il y avait le logement du Secrétaire de Mairie et celui du Curé, chacun avec une cour et un jardin. Il y avait aussi l'appartement de l'Administrateur-adjoint, le principal ayant son appartement ; siège de la Commune-Mixte, en bas de la rue. Il y avait également les deux appartements des Instituteurs, et les deux écoles des garçons, avec une grande cour des préaux. Bien plus tard, on avait construit un Groupe scolaire de plusieurs classes."

Le Curé qui est resté le plus longtemps, depuis 1918 ou 20 jusqu'en 1943, est le curé Briand. A cette époque, j'étais mobilisé, écrit toujours Mr Salcédo. A mon retour, j'appris qu'il était parti dans une commune plus petite près de Mostaganem. Son logement était occupé par un Juge de Paix.

Le Curé de Cassaigne assurait les 4 paroisses : Bosquet, Lapasset, Picard et Cassaigne. Le suivant fut le curé Giménez, natif de Lapasset où il habitait. Il fut ensuite muté à Aïn el Arba. Il fut remplacé par le Curé Weber, de nationalité luxembourgeoise, qui habitait également Lapasset, spécialiste des accidents d'auto ; il a rejoint son pays après l'indépendance. Le dernier fut le curé Kriter, d'origine alsacienne est parti en 1963. Nous l'avons revu à Mulhouse, il venait de rentrer d'Algérie." L'église est devenue mosquée.

Un service vicinal existait jusqu'en 1944 et ensuite ce furent les Ponts et Chaussées. Jusqu'en 1933, un agent-voyer s'occupait de la subdivision. Le dernier fut Mr Arcambal. De 1933 à 1945, le 1er ingénieur fut Mr Egcalier, puis Mr Bic, Mr Attuil, Mr Spitéri. Ce sont de jeunes ingénieurs dynamiques et sympathiques qui entament de grands travaux routiers. Le dernier, Mr Voignier, continue le programme de réfection des routes, surtout après le fameux Plan de Constantine qui coûta des milliards! Il fallait liquider les crédits à fonds perdus avant la fin de l'année...

Le Ier Maire.. et le dernier fut Me Van Benedem, notaire métropolitain, installé depuis peu à Cassaigne et remplacement de Me Valentin qui va s'installer à Mostaganem. Les médecins, appelés médecins de colonisation, avaient un traîtement de fonction et un logement gratuit. Celui qui est demeuré lé plus longtemps jusqu'en 33 ou 34, fut le Dr Manier, appelé le Dr des Pauvres. Les familles avaient beaucoup d'enfants à l'époque, c'était courant, ne payaient rien. Son remplaçant fut le Dr Fournier ; il dut assumer l'épidémie de 1936. Dans la famille Mr Salcédo, 3 filles moururent en l'espace de 10 jours! Le suivant fut le Dr Guibert, un Oranais très jeune. Enfin, le Dr Violet, enfant du pays, très peu intéressé ; c'était le docteur de famille que tous aimaient ; il quitta Cassaigne en 1961. En 1963 vint un médecin de l'Est, ne parlant ni français ni l'arabe ; il eut à soigner un arabe mordu par un chien enragé et, bien sûr, le malheureux mourut ; les Arabes ne voulaient plus : entendre parler de ce docteur.
Un des premiers français tués en 1954 le fut à Cassaigne, dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, un jeune homme nommé Laurent, de Picard, venant de Mostaganem, essuie des coups de feu après Ouillis. Il se dirige vers Cassaigne pour avertir la Gendarmerie et sonne au portail qui est fermé. Un coup de feu part d'une haie de l'autre côté de la route. Le jeune homme est tué d'une balle en pleine tête; il demeura jusqu'au matin, car les gendarmes, entendant le coup de feu, n'ouvrirent pas ; bien leur en prit, car le commando avait reçu l'ordre d'attaquer la Gendarmerie pour y prendre les armes. L'armée attrapera deux d'entre eux.

CASSAIGNE & PETIT-PORT
Extrait de " Pieds-Noirs et autres tribus d'Afrique du Nord", tome 13.
Par Père Roger Duvollet

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Published by omar - dans sidi-ali
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commentaires

fethi 08/01/2009 11:41

oui je peux vous aidez au niveau de la mairie.Sidi ali est une ville de 40000 habitants.C'est un sous prefécture.

Bencherif 04/01/2009 16:16

BonjourIl y a un cimetière à  Cassaigne (Sidi Ali  maintenant) ainsi qu'une Mairie. Il y a le site www.sidiali.frIl y a les coordonnées de la mairie.Bonne recherche

Gilquin 04/01/2009 00:15

Bonjour,
J'ignore si votre site existe toujours. Voilà je fais la généalogie de ma famille et je cheche desespérement trace du décès d'une de mes aïeule.
Y'a t'il un cimetière chrétien à Cassaigne ? Une Paroisse ? Une mairie auprès de laquelle je pourrais m'adresser ?
Je cherche le décès de Catherine ou Caroline Crevelle née Belton. Elle était toujours vivante en 1874 et son mari avait été garde champêtre.
Merci
 

abdellah (abdessadok) 11/05/2007 04:16

bonjour a tous
en réponse au  monsieur dont la femme est née en 1943 et son pére etait garde champétre ,j'ai essayer de poser la question a mon cousin abdessadok abderahmane et qui m'a répondu que sa maison est celle de mon défunt oncle ABDESSADOK RACHID ,et maintenant la maison est toujours l'habitat de la famille abdessadok ,dont le fils le défunt abdessadok aziz figure dans la photos de l'ancienne equipe de sidi ali (ex cassaigne) il y'a aussi ses fils (abdessadok rachid) résident maintenant a toulouse ,j'essaye de prendre une photos de la maison que je vais envoyer a monsieur OMAR et qui va s'en charger pour la publier .il y'a aussi ma mére qui habitait cette maison depuis l'indépendance avec son frére abdessadok.
s'il y'a quelque chose a vouloir connaitre je serai a votre disposition .
merci bien au monsieur et a la fille de BUSCAIL ACHILLE.
MERCI A TOI OMAR.

ali de sidi ali 19/04/2007 16:21

               Je  poursuis mon intervention car il me semble que le fait d’avoir introduit la désignation d’Algérien sans recourir à la notion identitaire liée à l’antériorité historique ou l’appartenance ethnique n’a pas manqué de retenir l’attention de certains , du moins celui qui a surligné le passage qui y fait référence. Sans préjuger des sentiments de l’auteur (du surlignage) ,je dirais tout de suite pour dissiper les doutes de ceux qui verraient là (mon point de vue) un  relent de félonie , que je suis un algérien amoureux  de  ma patrie , musulman arabophone. Mes origines que je présume arabes, selon les dires de mes ancêtres, ne m’octroient nul avantage et ma foi en Dieu , bien au contraire , m’incite à l’humilité et  à  prendre en compte le sentiment de fraternité universelle qui me lie au genre humain et me pousse à considérer l’autre comme mon frère. Oui , l’amour du prochain n’est pas un vain pour un musulman qui se respecte  car Mohamad  (PSL) le dernier des grands messagers (Abraham , Moïse , Jésus fils de Marie ) disait  « Nul ne sera croyant s’il ne souhaitait à autrui ce qu’il souhaiterait   pour lui-même. »Si pour ma part , un fort sentiment de fraternité me lie au genre humain sans distinction raciale ni confessionnelle , que dire de mes sentiments vis-à-vis de ceux qui ont vécu sous le même ciel  que moi , se sont abreuvés à  la même eau  , grandi sous le même soleil brûlant du désert tout proche  , foulé le même sol dont les particules de glaise se sont incrustées sous nos épidermes ? Arabophones ,Berbérophones ,Pieds-noirs bilingues , nous sommes tous les enfants d’Algérie, n’en déplaise aux revanchards ,  esprits nostalgiques qui avancent à reculons. Al’heure de la mondialisation qui divise pour mieux faire prospérer le libéralisme sauvage , je me sens des sympathies pour  les Alter mondialistes qui militent pour un monde nouveau d’où seront bannis les lois martiales , les désirs de puissance et de domination que cherchent à propager les tenants du pouvoir en occident et  en orient , en un mot  les professionnels de la politique plus intéressés par le CAC 40 , les parts de marché,le prix du baril que par le sort des millions de chômeurs que provoquent  les délocalisations en Europe et en Amérique , les massacres en Afghanistan et en Irak .Paul Valéry n’a –t-il pas affirmé que
 

« la guerre est le massacre d’hommes par d’autres hommes qui ne les connaissent pour le profit de certains hommes qui se connaissent mais ne s’entretuent pas. »        
 

          L’humanité a gagné en maturité et ni la propagande déguisée en médias pseudo indépendants , ni les discours fallacieux , ni l’endoctrinement imposé par l’ école  ne peuvent  masquer la lumière de la vérité. Les  gouverneurs, les gardes-chiourme, les  hypnotiseurs de masses ne peuvent plus rien contre la conscience qui se réveille  et découvre la grande supercherie.
           Arabes , kabyles ,français nés en Algérie  ,vous êtes désormais mes frères.