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21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 00:11

 

 

LA COMMUNE MIXTE DE CASSAIGNE

Cassaigne est le siège de la « Commune Mixte » qui est dirigée par un haut fonctionnaire nommé par le pouvoir central : l'Administrateur, c’est en quelque sorte le Gouverneur local, il préside le Conseil de la Commune et concentre tous les pouvoirs.

"Quand il y avait une réunion du Conseil à la Commune-Mixte de Cassaigne, tous ses élus étaient présents, ainsi que plusieurs Caïds et Présidents de Djemaa , 10 Musulmans au total donc avec l'Administrateur Principal et l'Administrateur Adjoint, ils (les élus européens) étaient presque à tous les coups majoritaires." précise Mr SALCEDO qui relate l'histoire de notre province. Le 1er administrateur serait Mr CASTANET, devenu Sous-Préfet de Tiaret. Et de 1946 à 1954. Mr CHOIRAL dont l'aîné d'une famille très nombreuse fréquente le Lycée René Basset à Mostaganem. Il fut ensuite nommé Sous-Préfet dans la région de SIDI BEL ABBES.

Je me souviens du superbe uniforme blanc, aux épaulettes d'or, de l’Administrateur, et de la voiture avec chauffeur en uniforme, qui attend le fils CHOIRAL à la sortie du Lycée, le Samedi de « Grande sortie », tandis que nous nous précipitons pour ne pas rater le car DELERM ou, plus près du Lycée et plus rapide car il ne prend pas les nombreux auto stoppeurs, le car qui part de la gare des CFA Chemins de Fers d'Algérie, le car RUFFIER.

En 1956, Mr CHAVANNE est nommé Sous-Préfet par le Gouverneur d’Algérie , Jacques SOUSTELLE : ce sera le premier Sous-Prefet de Cassaigne ... et le dernier !

Malgré son rattachement à la Commune mixte, qui oblige à se rendre à Cassaigne pour certaines formalités, Ouillis se tourne plus volontiers vers Mostaganem. Le réseau ferré d’Algérie dessert les grandes villes, il ne passe pas, hélas, à Ouillis. La ligne la plus proche est celle qui relie, à l'intérieur des terres, venant de Relizane, Aïn-Tédelès à Mostaganem, Perrégaux. Il est géré par la Société CFA, les Chemins de Fer d’Algérie. La gare de Mostaganem est également le départ des cars qui font le trajet vers Ouillis, Bosquet, Cassaigne et Lapasset. D’autres cars desservent la même ligne, les cars Delerm qui partent du centre de la ville, le car « Boudinar » et « La vedette du dahra ». Toutes les liaisons internes se font donc par route. Des routes étroites et sinueuses, pas toujours très bien entretenues. Il faut quitter Mostaganem et se diriger vers Oran pour trouver une route de meilleure qualité. Mais, Oran est à plus de cent kilomètres, on ne s'y rend que par absolue nécessité. Quelques jeunes Ouillissiens y poursuivent cependant leurs études dans les lycées qui les accueillent en tant qu'internes et les laissent rarement rejoindre le village en dehors des congés scolaires.

Cassaigne reste donc un chef lieu très administratif, offrant peu de services, c'est un gros bourg, pas vraiment une ville, supplanté dans tous les domaines par l'attrait qu'exerce Mostaganem.

PETITE LECON D'HISTOIRE

Commençons par le commencement. L'instituteur que j'ai été après avoir suivi les classes de maîtres respectés de Ouillis les couples d'enseignants OBADIA puis BENKEMOUN et Monsieur BELLAÏCHE, sans oublier Renée JUIN future Madame VERDU, qui faisait un peu de tout, du ménage à la garderie des petits qu'elle emmenait aux toilettes. Donc, l'instituteur que j'ai été par la suite, « en France » vous demande de fermer les yeux (enfin, pas tout à fait car il vous faut continuer à me lire!):

Fermez légèrement les yeux et, souvenez-vous :

Nous entrons dans la petite école, nous nous installons dans l’une des classes dont les fenêtres donnent sur le « champ de boules », terrain de matchs de foot-ball mémorables.

Asseyez-vous ! ouvrez vos cahiers inscrivez, à l’encre violette et à la plume Sergent Major, en vous appliquant, le titre tout en haut de la page "histoire de Ouillis" et, surtout, suivez bien :

Petit retour sur l’histoire de France :

c'est le 4 mars 1848 que l'Algérie est déclarée "partie intégrante" du territoire français.

Quelques mois après, le 9 décembre 1848, les Provinces d'Alger, Oran et Constantine deviennent trois départements.

Il faut attendre le 28 juin 1956, c'est deux ans après le déclenchement des hostilités, pour qu'un décret ébauche une réforme administrative, qui,

le 20 mai 1957 par un nouveau décret divise chacun des 3 départements et en crée au total 12,  dont les départements de Mostaganem, Oran, Tiaret et Tlemcen pour l’ancien département d’Oran.

Le département de Mostaganem ainsi nouvellement créé ( les plaques d'immatriculation des voitures porteront l'indicatif « 9F ») comprend six arrondissements : Mostaganem, Cassaigne, Inkermann, Mascara, Palikao et Relizane.

Mostaganem est, à la veille de l’indépendance, la 8e ville d’Algérie par sa population, mais elle est, en même temps la 3e pour sa situation économique et la seconde cité de l'Oranie. Le port est le 2e exportateur d’Afrique du Nord pour les agrumes, les céréales, les huiles et les conserves de la plaine de La Mina. Le secteur industriel du sol et du sous-sol est également développé grâce aux produits miniers des carrières de Ouillis. Ces carrières, d’où on extrait le Kisselgür, se trouvent à quelques kilomètres du village, sur la route qui le relie à Aïn Tedélès par le village de Pont du Chélif, sur la portion qui descend jusqu'au Chélif, dite "les terres blanches"

L'arrondissement de Cassaigne a 8 centres dotés d'un bureau de poste :

Bosquet, Nekmaria, Cassaigne, Ouillis, Chouachi, Picard, Lapasset et Pont du Chélif

Ouillis existe probablement depuis la nuit des temps. On y trouve des traces de  Phéniciens puis de Romains. « En grattant le sol, on découvre des pièces romaines », rappelle Alain RICHERMO.

"La côte de Ténès à Arzew était bien connue des Phéniciens qui y avaient établi des comptoirs : Petit Port et Ouillis dans le Dahra, Kharouba près de Mostaganem" précise l'un des sites consacrés à notre capitale régionale.

Mais, le Ouillis que nous connaissons tous, celui de la présence de la France est créé officiellement en 1873.

« En 1873, le Gouverneur Général de l’Algérie décide de créer trois centres de colonisation dans le Douar Chouachi : Sidi-Ali, Ouillis et Bled-al-Hadjadj, les trois villages sont regroupés en une Commune Mixte. En 1874 un arrêté rebaptise Sidi Ali en Cassaigne et Bled-al-Hadjadj en Bosquet » écrit Jean-Pierre PEYBERNES dans un article intitulé « Bosquet en Algérie », paru dans l’Echo de l’Oranie.

Cassaigne est le siège de la "Commune mixte", on y trouve une Justice de paix et tous les services publics et fonctionnaires : domaines, contributions diverses, répartiteur, médecin, etc.... (d’après " Pieds-Noirs et autres tribus d'Afrique du Nord", tome 13, Père Roger Duvollet ).

Bosquet est déclaré, en 1885, Commune de plein exercice.

En 1955, Pierre MENDES-FRANCE, Chef du Gouvernement veut supprimer l'administration de ces communes par un Fonctionnaire nommé et faire élire, par un collège unique, des Conseils Municipaux, mais, au mois de février, son Gouvernement est renversé.  Le projet combattu par les Français d'Algérie sera enterré. Aucun gouvernement ne le reprendra,  Ouillis demeure donc rattaché à Cassaigne jusqu'à l'indépendance…Il a, à sa tête, un « Adjoint-Spécial », avec ses conseillers, la commune .

Félix FAURE, homonyme d'un Président de la République exerça cette fonction pendant de nombreuses années, son fils Firmin, puis Marcel DURIEU lui succéderont jusqu'à l'indépendance.

Respectable et respecté, l'Adjoint spécial est le principal notable du village on l'appelle  "Monsieur le Maire", ce qui explique la fréquente confusion qui subsiste dans l'esprit des Ouillissiens, et des autres.

 Pour ajouter à cette confusion, Ouillis se dote d’une très belle « Mairie », avec Salle des fêtes, et place, ombragée sur le pourtour, des bancs, et en son centre, un  jet d’eau signe d'opulence dans ce pays. La Mairie est érigée en plein centre du village.

 Monsieur Faure est un personnage : moustaches troisième empire et surtout pour les gosses du village la voiture ! un cabriolet rouge de Marque Citroën C4, avec un arrière en pointe qui lui donne vraiment l'allure d'une voiture de course, et pourtant Mr Faure n’a rien d’un pilote de grand prix, il est prudent, il roule lentement dans les rues de Ouillis. Deux seulement sont goudronnées : la rue principale Route Nationale RN 11 et la rue qui monte à l'église et traverse le village en direction d’Aïn-Tédelès. les autres seront faites au fur et à mesure des travaux d'aménagement du village. Monsieur Marcel Durieu succède à Firmin et restera en fonction jusqu'à la fin : c'est un petit colon, un homme modeste et attachant discret et travailleur. C'est, pour moi, surtout, le père de Suzette, Pierrot et Georges.

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Published by omar - dans sidi-ali
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commentaires

bekkar 28/06/2008 20:51

essayer de retracer la vie du grand caid bekkar mohamed dans cette region   merci
 

Roland Boucabelle 02/07/2006 16:28

La moindre des politesses serait d'indiquer qu'il s'agit d'un texte copié et de préciser l'auteur et le site d'origine.