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5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 00:09

Un élan de solidarité spontanée s’est déclenché dans le pays  juste après l’annonce de la catastrophe naturelle dont a été victime à la fin de la semaine passée la population de la wilaya de Ghardaïa.
«Ils ont besoin de bougies. Le courant électrique est toujours coupé dans plusieurs régions. Nous avons constitué une réserve de cinquante cartons qui vont être acheminés incessamment vers les régions sinistrées», nous apprend Cheikh Bakir. De la modeste loge à l’entrée de la mosquée mozabite El-Manar située dans une ruelle boueuse du quartier d’El-Hamiz (banlieue est d’Alger), il assure la permanence et coordonne les opérations de collecte des aides pour les populations sinistrées de Ghardaïa.
Lotfi Mérad - Alger (Le Soir) - Le téléphone portable dans la poche de sa chemise, il répond aux nombreux appels des citoyens. Qui pour se renseigner, qui pour se porter volontaire ou faire un don. C’est, en effet, l’unique moyen pour rester en contact permanent avec les bienfaiteurs mais surtout avec «ceux qui sont làbas ». Faute de personnel mobilisé pour les besoins des actions de solidarité ou n’ayant pu rentrer à Alger, l’école coranique qu’abrite la mosquée est toujours fermée. La rentrée a été ajournée sine die. «Peut-être samedi prochain », lance circonspect Cheikh Bakir à un père de famille venu se renseigner avec son fils en tenue traditionnelle. Depuis le premier jour de l’Aïd, pas moins de 18 chargements ont été acheminés par voie terrestre vers les zones touchées par les inondations. Un parcours long de 600 kilomètres direction le Grand Sud. Une distance qui ne semble point rebuter les volontaires. Ils sont nombreux à mettre à disposition leurs fourgons et camions et à se porter candidats pour la mission humanitaire. L’écrasante majorité des bienfaiteurs est faite essentiellement de citoyens originaires de la wilaya de Ghardaïa. Simples fonctionnaires, commerçants ou grands importateurs installés dans la capitale. «Sur place, des groupes de bénévoles ont été constitués. Ils se chargent d’encadrer les opérations de distribution des aides qui affluent de plusieurs wilayas dont Alger en concertation avec les scouts et les éléments de la Protection civile », explique notre interlocuteur. Des produits alimentaires de première nécessité, des vêtements, mais aussi des pompes et des outils… de jardinage sont ainsi envoyés dans les zones sinistrées. «Nous avons même acheminé des linceuls. Une demande que nous ne pouvions refuser », note encore notre interlocuteur. Les besoins sont identifiés au fur et à mesure des appels reçus depuis les zones ravagées par les inondations. Et au moment même où le permanencier nous recevait, un jeune homme, originaire lui aussi de Ghardaïa, se présente à la mosquée. Ce grossiste en quincaillerie vient déposer un important lot de bêches. «Un outil devenu indispensable pour dégager la boue qui a envahi les maisons des sinistrées », précise-t-on. Vu l’ampleur des dégâts, la demande reste énorme. L’appel lancé après l’annonce de la catastrophe lors des différentes prières à la mosquée El-Manar et «le bouche-à-oreille» ont permis de faire circuler l’information. Un formidable élan de solidarité s’est vite créé parmi les membres de la communauté mozabite de la capitale. Mettant de côté leurs différends intercommunautaires et abandonnant pour certains d’entre eux famille et travail. Mais Cheikh Bakir ne se fait pas trop d’illusions. «Les moyens de l’Etat sont indispensables pour prendre en charge efficacement les besoins des sinistrés», insistet- il. La solidarité de la population ne répond qu’à une partie des besoins les plus urgents. Un état de fait que confirme Salah-Eddine, un habitant d’El- Ateuf rentré hier à Alger. «La population, isolée, ne survit que grâce à l’aide des citoyens». En raison de la dégradation du réseau routier suite à ces inondations meurtrières, «des secouristes ont même été obligés de transporter de l’eau potable à la force des bras sur plusieurs kilomètres ». Les sinistrés, coupés du monde, avaient trop soif.
L. M.

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Published by omar - dans sidi-ali
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