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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 00:08


Ce que ne dit pas Naguib Sawiris

Il a parlé de Djezzy pour masquer « l’affaire » Lafarge

Ce que ne dit pas Naguib Sawiris

« Un investisseur est venu investir 700 millions de dollars et au bout de trois ans a généré un bénéfice de 2 milliards de dollars et l’Algérie n’a rien gagné…

Des investisseurs pareils, on n’en veut pas ! » Pour tous les observateurs, cette violente salve tirée par le président de la République le 26 juillet dernier, lors de la conférence des maires, ciblait prioritairement le patron du groupe égyptien Orascom, Naguib Sawiris. Abdelaziz Bouteflika écumait de rage contre le fait que cette firme ait revendu sa filiale algérienne, la société Ciment blanc d’Algérie holding (Ciba) qui regroupe deux cimenteries (M’sila et Mascara) au géant français Lafarge en septembre 2007, quelques années seulement après son acquisition auprès de l’Etat algérien.

Pour les autorités, ce coup fourré de l’homme d’affaires égyptien s’apparente à une trahison en ce sens que l’Algérie est tenue à l’écart de la transaction. Ceci, bien que légalement rien n’oblige Orascom à tenir informé le gouvernement algérien quant à son intention de céder sa filiale algérienne. Mais le fait est que le milliardaire égyptien a engrangé une plus-value exceptionnelle de l’ordre de 1,5 milliard de dollars sur le dos de l’Algérie, alors qu’il était venu soi-disant investir. Pis, son investissement, si tant est qu’il en fut un, a bénéficié d’un montage financier des banques publiques et privées algériennes comme ce fut le cas d’ailleurs pour sa filiale de téléphonie mobile Djezzy dont les bénéfices sont tout simplement énormes. Faut-il rappeler également que son projet de réalisation de deux lignes de production de ciment blanc et de ciment gris basées dans la région d’Oggaz près de Mascara a été financé à hauteur de 61% par les banques publiques et privées algériennes ? Le coût total de cette opération est évalué à 538 millions de dollars (38,74 milliards de dinars). L’histoire retiendra que jamais une entreprise algérienne ou étrangère n’a mobilisé autant de banques de renom pour concéder un montant aussi important. Orascom l’a fait. Et le président de sa filiale algérienne n’a pas caché sa joie ce jour-là : « C’est un rêve qui se réalise ! », avait déclaré alors le responsable de Ciba. Au bout du compte, ce financement algérien des « investissements » de Sawiris lui a juste permis de mieux vendre à Lafarge. Le vrai rêve c’est donc la cagnotte qu’il a engrangée, mais surtout le pied qu’il a mis dans le capital du groupe français à hauteur de 11,4%.

Le gouvernement algérien n’eut qu’à constater les dégâts d’une politique de privatisation défectueuse et cahoteuse. Et c’est dans ce contexte qu’il faut placer le coup de sang de Bouteflika. Que Naguib Sawiris invite les journalistes algériens au Caire pour raconter sa success story en Algérie ou encore gloser sur l’argent frais qu’il aurait apporté au pays laisse, tout compte fait, les observateurs songeurs. En réalité, cet homme qui flaire les bonnes affaires voudrait transmettre des messages sibyllins à qui de droit. Contre toute attente, il soutient même, avec une assurance déconcertante, que la diatribe de Bouteflika ne cible ni lui ni son groupe… Pourtant, trois mois seulement après le discours présidentiel, le gouvernement annonça un train de mesures destinées à consacrer le « droit à la récupération des entreprises cédées par les opérateurs étrangers et nationaux ». Il y est stipulé que l’Etat est prioritaire « quand le CPE traite avec un opérateur étranger donné, ce dernier n’aura pas, désormais, le droit de vendre son entreprise réalisée en Algérie à un autre opérateur sans avoir l’aval du gouvernement ». Le parallèle est pourtant limpide et la précision tranche avec la belle assurance de Sawiris. Le porte- parole du gouvernement avait même justifié ces mesures par le souci de l’Etat de « préserver l’intérêt national dans le cadre du respect de l’économie de marché ». Il est cependant loisible de deviner le souhait du patron égyptien de faire amende honorable et pourquoi pas redevenir fréquentable dans les salons feutrés du sérail algérois. Il se murmure en effet qu’il a demandé vainement à être reçu par le président de la République pour parler de ses projets. La conférence du Caire était, peut-être, destinée à mettre la puce à l’oreille. Et à bon entendeur…

Par Hassan Moali

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Published by omar - dans sidi-ali
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commentaires

Affif 30/10/2008 15:05

Non cher ami, je ne partage pas votre avis. Ce n'est pas parce que je suis dans le besoin, tu me viens au secours pour me déplumer après. J'ai rien contre faire des affaires mais il ne faut pas oublier que la richesse est produite par nos concitoyens et le financement est  fait à 70% par notre pétrole( notre bien à tous). L'investisseur travaille avec notre argent, alors que le citoyen Algérien s'il veut faire un près pour avoir un toit, on lui fait des misères. je ne suis pas obligé de payer le prix, j' achète avec mon argent, je préfère le meilleur. Bonne fête du 1Nov et bonne vacance.Gloire à nos Chouhadas. Allah Yrhmhoum.Merci frère Omar sur l'article sur notre Histoire.Affif de Lyon

Sidi Ali My Love For Ever 30/10/2008 10:49

Cette histoire de Djezzy a fait couler beaucoup d'encre. Pendant que certains disent que le pays a fait une mauvaise affaire en permettant à cet opérateur d'activer en Algérie d'autres vous diront qu'il faut revnir à la situation de l'époque pour pouvoir analyser correctement la situation. En effet, il faut se rappeler qu'à l'époque l'appel d'offre a été rejetté par pratiquement tous les opérateurs de téléphonie mobile européens. L'Algérie à ce moment là n'était pas suffisamment crédible pour attirer ces firmes étrangères. Aussi, à cette époque nous étions pratiquement les derniers en matière de télécom à travers toute l'afrique au point ou certains habitants de nos frontières utilisaient les réseaux du maroc et de la tunisie. Pour ma part, je considère que c'est le prix qu'il fallait payer pour s'aligner avec les autres pays. Le luxe a un prix @+

Aziz 28/10/2008 15:08

Algérie s'offre aux personnes peut recommandable. Alors que nos enfants se sauvent.

Ali 27/10/2008 21:14

Non, il n'a pas raison. C'est un vol. Il faut interdire ses hommes d'affaires douteux.

Affif 27/10/2008 11:55

Il a raison, il profite pendant pendant que nos responsables mettent en faillite des entreprises. Des entreprises qui sont cédées au dinar symbolique par des vautours.