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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 00:07

La production de la tomate est menacée depuis quelques mois par un insecte dont on ne connaît pas encore l’origine, a-t-on appris hier auprès du directeur général de l’institut national de la protection des végétaux (INPV), Guendez Mbarek, en marge de la journée technique et scientifique phytosanitaire qui s’est tenu au siège de cet organisme.
Cet insecte ravageur du nom scientifique de « Tuta Absoluta » est apparu pour la première fois en Algérie après qu’il eut été signalé en Espagne et plus près de chez nous, au Maroc. Le premier foyer a été localisé à Mostaganem au printemps dernier, plus exactement dans la région de Achaacha. La maladie s’est ensuite propagée vers d’autres wilayas, notamment celles situées sur le littoral. La situation est de plus en plus inquiétante et l’INPV est en état d’alerte. Il faut dire que cette maladie représente un danger pour la production qui risque d’être détruite. L’origine de cette maladie reste inconnue pour l’instant et cet état de fait préoccupe les experts de l’INPV. « Nous ne savons pas comment cet insecte est parvenu en Algérie. Sa région de prédilection est l’Amérique latine. Ce n’est qu’en 2006 qu’il est apparu en Espagne, où la production a été réduite au point que ce pays n’a pas pu exporter. Il a été également signalé au Maroc. On suppose qu’il a réussi à se déplacer grâce aux vents », a souligné, à ce propos, M. Guendez. Il n’a pas exclu que la contrebande soit à l’origine de la propagation de la « Tuta Absoluta ». « Les échanges transfrontaliers ont peut-être contribué à propager la maladie », a-t-il dit.

Un programme de lutte a été mis en branle pour empêcher que cette maladie ne s’installe définitivement en Algérie, a-t-il indiqué. « Nous avons proposé un programme de lutte au ministère de l’agriculture qui a accepté de mobiliser les fonds nécessaires pour sa mise en œuvre », a affirmé le DG de l’INPV. Ce programme, a-t-il précisé, s’inspire des méthodes de lutte de l’Espagne et du Maroc. « Nous allons utiliser le moins possible les pesticides. Nous mettons en place tout un réseau de féronomes qui attirent les mâles qui sont pris au piège », explique le conférencier. L’INPV prévoit également d’importer des insectes qui se nourrissent de la Tuta Absoluta pour mettre hors d’état de nuire ce ravageur. « Nous avons prévu de couvrir toutes les zones où il y a culture de tomate. Nous faisons tout pour que d’autres cultures, telles que la pomme de terre, le poivron, le piment et les aubergines, ne soient pas contaminées », a-t-il fait savoir. La propagation rapide de la maladie est imputable, selon lui, aux méthodes archaïques des agriculteurs pour protéger leurs serres. « Nous sommes le seul pays au monde où l’on continue à utiliser des protections classiques », a-t-il regretté.

Par Nora Boudedja

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Published by omar - dans sidi-ali
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