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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 00:00

Bâtie sur une falaise que balaie continuellement une brise marine rafraîchissante, la coquette et très accueillante cité s’enorgueillit de posséder deux plages parmi les plus grisantes de la côte mostaganémoise. Séparées par un mamelon qui vient s’enfoncer profondément dans le bleu de la mer, les plages de Ouillis et de Clovis présentent, chacune, des particularités si différentes et si complémentaires que le sentier qui les relie ne désemplit jamais. Du moins, durant la saison estivale qui voit défiler dans le coin des milliers de vacanciers. En arrivant par le somptueux chemin qui frôle le célèbre phare de cap Ivi, le voyageur est très vite impressionné par la beauté du paysage. Entre l’ocre des sables qui dessinent de si troublantes arabesques sur les dunes en contrebas et le vert des forêts de pins et de genévriers, le regard s’égare par intermittence sur le bleu d’azur de la mer qui se fraye quelques images à travers de majestueux arbres. Oubliant très vite les nuages de poussière qu’un chantier besogneux persiste à livrer gracieusement en guise de bienvenue, le vacancier, qui continue à prendre de l’altitude, se retrouve au détour d’un dernier virage, au beau milieu du vieux village colonial. La traversée y est souvent chaotique en raison de l’étroitesse exagérée de la chaussée. A peine a-t-il le temps de traverser l’agglomération qu’une plaque lui indique déjà la direction de la plage. Le chemin tout aussi malingre qu’il y a un siècle est bordé d’impressionnants eucalyptus qui cachent mal ces superbes alignements de vignobles vieux d’au moins un siècle. Le paysage se décline par moment en de subtiles champs de blé que des moissons toujours aussi précoces auront délesté de leurs épis. Çà et là, des figuiers courbent l’échine face aux vents dominants qui soufflent toute l’année. Littéralement couchés sur le sol, ils tentent avec beaucoup de grâce de se maintenir debout malgré l’adversité. Les rares fruits qu’ils parviennent à cacher jusqu’à maturité font le bonheur de quelques oiseaux sédentaires. Puis, la pinède reprend sa place des deux côtés de la route comme pour baliser - comme le ferait une haie d’honneur - le chemin qui mène à la mer. C’est lorsqu’il enlace langoureusement la colline que ce chemin étroit offre aux visiteurs l’un des plus sublimes panoramas de la région. La forêt d’où émergent parcimonieusement les premiers genévriers de Phénicie commence à prendre plus de consistance. La route en lacets est si envoûtante qu’elle en devient dangereuse. Mais l’ivresse est au rendezvous. Et personne ne résiste à ce charme fou de ce mariage magique dont seule la nature est capable. A mi-chemin, apparaît l’immense bande de sable sur laquelle on devine des multitudes d’ombres humaines. Les jours de brume, la plage mitoyenne de Hadjadj, distante de 5 km, est à peine perceptible. Pendant que le regard tente en vain d’embrasser tout le paysage, il est prudent de ne pas rater le virage à droite qui mène directement à la plage Clovis. Caché par un touffu bosquet de pins, le chemin est à peine perceptible. Si l’on n’y prend garde, on débouche directement sur la plage Ouillis, avec ses vieilles cabanes coloniales et ses immeubles incongrus qui cachent mal la cupidité et l’absence de goût de nos décideurs. Mais pour tout estivant averti, il est impossible de rater le chemin qui mène à Clovis plage. Tortillant entre des arbustes majestueux et une garrigue luxuriante, il vous mène à bond port. Les jours de semaine, les places aménagées dans le sousbois, à l’ombre des genévriers permettent d’installer les bivouacs et d’accueillir les véhicules. Les week-ends, pour ceux qui le peuvent, il serait prudent de s’abstenir. Car les places se monnayent, parfois, en euros. Une fois la table et les chaises pliantes déployées, c’est la course effrénée vers la plage distante de quelques dizaines de mètres. Là, les parasols sont indispensables. En sus de ceux disposés à l’intention des vacanciers par les braves gaillards du coin, nombreux sont les estivants qui déploient les leurs sans aucune difficulté ni contraintes. Car la plage est vraiment immense. A tel point que seuls quelques téméraires tenteront de joindre la plage voisine de Hadjadj. Juste par goût de l’aventure. Car, avec son sable d’une propreté irréprochable, cette plage peut généreusement accueillir des dizaines de milliers de baigneurs sans que cela dérange quiconque. Profitant de l’obligeance du rivage, la mer s’y sera engouffrée si profondément que la bande sableuse peut parfois atteindre près d’une centaine de mètres. Ce qui en fait la plage la plus généreuse en espace. Même lorsqu’il y a affluence, il est possible de s’isoler en groupes ou en famille. C’est peutêtre pour ça que les exécrables scènes de voyeurisme qui débouchent souvent sur des algarades, voire des violences, y sont pratiquement rarissimes.
 A Clovis plage, les estivants n’ont même pas le temps de faire connaissance avec leurs plus proches voisins d’un jour. Hormis l’insignifiant abri de la Protection civile, il n’existe aucune structure en dur. Les quelques boutiques saisonnières qui offrent quelques servitudes ne sont que très rarement sollicitées par les visiteurs qui viennent de partout. Car, lorsque l’on passe ne serait-ce qu’une fois à Clovis plage, non seulement on s’en souvient, mais on y revient ! Sa réputation de plage propre, accueillante et généreuse n’est plus à faire.
 Tarik el yahyaoui

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Published by omar - dans sidi-ali
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